Le vin de volcan de Juan Carlos

Le hameau de Los Auchones ou El Chorro – près de Taganana, dans le parc rural d’Anaga, au nord de l’île – est très réputé pour son vin volcanique.

D’anciens pressoirs en tuf volcanique sont d’ailleurs régulièrement visibles – ici le lien vers l’article dédié à ce sujet. Les vignes sont cultivées à flanc de volcan, à environ 300 mètres d’altitude. Les terrasses bordées de murs en pierres grimpent le long des pentes escarpées comme des marches géantes. Le relief impose de tout faire à la main. 
L’authenticité du vin de Los Auchones découle en partie des cépages très anciens qu’il assemble, comme le malvasia volcanica, le vijariego ou le torrontel, qui n’ont jamais été touchés par le phylloxéra. S’il est parfois possible de trouver le précieux breuvage dans les bars aux alentours, il est principalement réservé à la vente et dégustation directe. Il faut donc y aller pour le goûter !

C’est dans ce terroir qu’a grandi Juan Carlos, vigneron à Los Auchones depuis plus de 30 ans. Comme son père avant lui, il perpétue la tradition dont il a hérité.
À l’intérieur de sa cave, creusée à même la roche volcanique, trônent trois cuves contenant les trois vins qu’il produit : le rosado, le blanco et le malvasia
Le premier est obtenu à partir de listan blanco, de listan negro, de gomera, de vijariego et de mulata.
Le blanco est un assemblage de listan blanco, de gomera et de torrontel.
Le malvasia, comme son nom l’indique, est fait de malvasia et de marmajuelo, un descendant du malvasia – c’est aussi un vin blanc.

C’est la première fois que je déguste des vins aussi particuliers. Ils ont tous une très belle robe (l’or du malvasia est magnifique). Dès le nez les arômes fusent. Ronds en bouche, ils offrent une très belle minéralité, une grande fraîcheur et des arômes de fruits jaunes et d’agrumes. Le malvasia donne des notes de pêche, et le blanco des arômes de fruits exotiques. C’est un délice !

Pendant que je déguste le vin volcanique, Juan Carlos m’explique que, dans le temps, il fallait une heure pour porter chaque sac de raisins jusqu’à la cave. Aujourd’hui, il faut tout de même encore une vingtaine de minutes.

En buvant ce vin j’ai l’impression de goûter à un style de vie. Une vie à flanc de volcan, entre ciel et mer, dans la partie la plus reculée et sauvage d’une île de l’Atlantique sur un fond de musique espagnole.

Avant de partir, je lui offre un pompon que j’ai confectionné. Il l’accroche immédiatement sur la clé du cellier. Quel honneur de savoir que mon humble ouvrage porte désormais la clé d’accès au précieux breuvage !

Sur le chemin du retour, je rencontre à nouveau l’ancien qui m’avait indiqué la maison de Juan Carlos. En plaisantant, il me demande si le vin est meilleur que le vin français !

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Commentaires

2 réponses à « Le vin de volcan de Juan Carlos »

  1. Avatar de Roberto Martin
    Roberto Martin

    Cuanta razón tienes, esos vinos son únicos y el lugar es incomparable. Muy buenos ratos he disfrutado en esa bodega. Enhorabuena por J.Carlos.

    1. Avatar de Paul

      Hola Roberto,

      Gracias por tu comentario. Agradezco tu interés.

      Saludos cordiales

      Paul

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