Aujourd’hui j’ai eu la chance de rencontrer le propriétaire du Café TZ 14, Rafael Machado. Il m’a donné des détails sur cette belle propriété qui abrite le café et sa demeure.
La Casa Machado y Llarena au 14 de la rue Tomás Zerolo (d’où le nom de TZ 14) a été construit en 1783 et acheté par la mère de l’actuel propriétaire en 1915. Le bâtiment est considéré comme l’un des meilleurs exemples de l’architecture traditionnelle canarienne de l’époque moderne de La Orotava.
Rafael Machado, sensible à la transmission de ce patrimoine – mais aussi conscient de la contrainte financière que représente la conservation de celui-ci – a eu l’idée d’y ouvrir un café. En plus de mettre en valeur la bâtisse, ce dernier accueille parfois des événements autour de l’art et de l’artisanat.
Lors de notre visite Rafael me donne plus d’explications sur certains ouvrages.
Les menuiseries sont en pin des Canaries (Pinus canariensis), une espèce endémique de l’archipel qui peuple notamment les sommets de l’île de Tenerife. Dans la nature l’arbre est connu pour sa résistance au feu puisqu’il accumule plusieurs couches d’écorce qui le protègent des incendies et lui permettent de repousser rapidement. Son bois très dur, gorgé de résine en fait un matériau de choix pour les menuiseries extérieures. Comme me le fait observer Rafael, même aujourd’hui certaines colonnes suintent encore de la résine.
Les plateaux des tables du patio sont d’anciennes portes sur lesquelles une couche de résine époxy a été coulée. Chaque table renferme une décoration différente, comme une sédimentation des époques.
C’est de ses propres caves que Rafael a sorti les ouvrages qu’il a mis en lumière sur l’un des murs du patio afin de rendre hommage aux menuisiers de son enfance dont le célèbre Ángel Baute, « Mastruangel Palo Duro ».
Le patio privé accueille lui aussi de très belles menuiseries dans un style typique des Canaries, comme les larges fenêtres.
Les balcons datent de la dernière restauration de 1965 et sont de style Neo-Canario.
Conscient des enjeux de la préservation du patrimoine de La Orotava, Rafael Machado dirige une association qui, en plus de sensibiliser, cherche à attirer des menuisiers capables de restaurer. Il me recommande d’ailleurs les cours de la CICOP (Centro Internacional para la Conservación del Patrimonio – Centre International pour la Conservation du Patrimoine) à La Laguna. « Cette fondation est mondialement reconnue pour ses enseignements en préservation du patrimoine » me dit-il.
Mais paradoxalement, alors que de plus en plus de bâtiments sont reconnu comme étant à préserver le secteur de la menuiserie manque de main d’œuvre. En effet la région comptait 45 entreprises licenciées pour intervenir sur les ouvrages historiques dans les années 1960, elle n’en compte plus que 6 ou 7 aujourd’hui.














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